Les telenovelas, la deuxième religion au Brésil

 

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Après le football, c’est aux telenovelas que les brésiliens vouent un culte indéfectible. La terre du roi Pélé, est l’un des grand producteur de telenovelas pour ne pas dire le plus grand.

 

Promues sous la dictature (1964-1985) dans l’optique de souder le pays, les « telenovelas » évoluent depuis leur soixante-deux ans d’existence.
Suivies de l’ensemble de la population, elles peignent une société en plein bouleversement. Ainsi trois fonctions sociales nous apparaissent comme particulièrement éclairantes : la fonction pédagogique, la fonction mémorielle et la fonction de consolidation identitaire.
La première s’adosse d’une part à l’appropriation d’un patrimoine culturel littéraire donnant lieu à nombreuses adaptations télévisuelles, d’autre part au merchandising social des telenovelas.
La deuxième fonction sociale, se manifeste notamment au travers de reconstitutions historiques et de l’insertion du réel au sein des telenovelas (par le biais d’images d’archives, de personnalités politiques, ou de faits de société) pour évoquer ou discuter de problématiques sociopolitiques brésiliennes contemporaines.
La troisième fonction sociale s’étaye sur l’imaginaire relatif à l’identité collective brésilienne, ses stéréotypes et ses problématiques raciales.

 

Elle est plus problématique car, au miroir des telenovelas la société brésilienne est majoritairement blanche. Si la visibilité des Indiens dans les telenovelas relève du pur stéréotype, celle des Noirs est plus complexe et a fait toujours débat dans la société brésilienne.

 

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Les noirs ont toujours tenu des rôles secondaires dans les telenovelas, jusqu’en 2004 où le premier rôle d’une telenovela est incarné par un Noir,ou plutôt une actrice noire, Tais Araujo dans A cor do pecado. Cependant ,cela n’a pas vrai changé grand-chose vue que dans toutes les telenovelas diffusées les acteurs noirs restent prisonniers de leur identité ethnique. Pour montrer l’importance des telenovelas dans le quotidien des brésiliens, il faut remonter au vendredi 19 octobre 2012, jour et heure du meeting de soutien du parti travailleurs par la présidente Dilma Rousseff. Pile au même moment où avait lieu le dernier épisode de la telenovela « avenida Brasil ».

 

Ce soir-là, des millions de Brésiliens assisteraient à l’affrontement final entre les deux héroïnes, Nina et Carminha, afin de savoir qui a tué Max. il était donc clair pour l’équipe de campagne de M. Fernando Haddad, qu’« il n’y aura personne ! ».

Convaincue, la présidente a repoussé le rassemblement au lendemain. Une chose est claire, seul les telenovelas arrivent à réunir et fédérer tout le brésil autant que le football.