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Les bouwinans : maitresses des funérailles en pays Gouro

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Après environ 17 ans, je retourne à gohafla, le village de ma mère. J’étais encore une gamine lorsque j’y suis allée la première fois. Je comptais donc en profiter au maximum cette fois, même si c’était les funérailles de ma mamie qui m’y ramenaient. Mais, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Et cela, à cause des « bouwinans ».

 

Les bouwinans, entendez « les femmes de mon oncle », sont des femmes dont l’âge varie entre 18 et 50 ans, voire plus. On les retrouve uniquement chez les Gouros (peuple du centre-ouest de la Côte d’Ivoire). Leur mission : animer les obsèques. Une animation cependant bien différente de toutes celles que nous connaissons.

 

Tout commence à deux, parfois trois villages éloignés de celui où se déroulent les obsèques. Acrobaties, pleurs, danses sont au rendez-vous de la procession qui les mènent sur les lieux de la cérémonie. Dès leur arrivée sur le lieu des funérailles, c’est un véritable tohu-bohu auquel on assiste. Les cris, pleurs et chants s’intensifient, accompagnés de danses et roulades de tout genre dans tous les sens. À les voir, on a l’impression qu’elles sont plus affectées que les proches de la défunte.

 

Que nenni ! Tout ce cirque a un seul but : soutirer de l’argent aux invités. Tout simplement. En effet, quand elles font tout leur boucan et que personne ne réagit, elles tombent direct dans la provocation des proches du défunt et se dirigent vers les personnes présentes pour quémander quelques pièces. Certaines vont jusqu’à se mettre à genoux, danser, se trainer au sol ou même te tenir les pieds pour t’empêcher de bouger.

Tout ça pour 25, 50, 100 ou 500 francs, maximum. Vous direz peut-être que c’est peu, mais les bouwinans savent très bien ce qu’elles font. Elles sont une vingtaine et chacune te demande une pièce toutes les cinq minutes. Au moment où tu te rendras compte de la supercherie, tu seras déjà bien dépouillé. Et malheureusement, la petite Abidjanaise que je suis s’est faite « plumer » par ces spécialistes du « broutage funèbre ». Heureusement que j’avais laissé mon transport retour dans les mains de maman.

De plus, certaines bouwinans n’hésitent pas à se mettre nues pour inciter une personne à les couvrir avec un pagne (neuf). Quand elles se retrouvent à court d’idée pour avoir de l’argent, elles piquent le vêtement, les objets et vont même jusqu’à la maison de la famille éplorée pour la vider. Lorsque vous voudrez récupérer vos affaires, il faudra payer… cash.Une bouwinan ne fait rien gratuitement. Si elle t’offre quelque chose ou te rend un service, attends-toi à payer. Aussi, j’ai dû trimballer mon sac de voyage partout où j’allais.J’en ai encore mal à l’épaule d’ailleurs.

 

« C’est la tradition. En plus, ce sont elles qui animent les funérailles. S’il n’y a pas de bouwinans à tes funérailles, c’est raté », explique Makoula, une native du village de Gohafla dans le département de Gohitafla. Quand vient l’heure de l’enterrement, voyant leur « moment de gloire » tirer à sa fin, elles prennent le cercueil en otage. Ainsi, vous aurez à leur donner la somme qu’elles réclament avant de le récupérer.

 

J’ai quitté mon village avec le sourire aux lèvres en me ressassant la scène des bouwinans essayant de m’arracher mon téléphone. Elles s’étaient rendu compte que j’essayais de les photographier. Grand Dieu, comme j’ai couru.
Sacrées femmes ! J’espère ne pas les revoir de sitôt.

Le cure-dent Gouro : l’aphrodisiaque naturel ivoirien

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« Originaire » du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, le cure-dent Gouro est une racine dite « miraculeuse », car elle réglerait les problèmes d’érection et de libido. Ses effets thérapeutiques ne sont, semble-t-il, plus à démontrer en Côte d’Ivoire. Aussi, les utilisateurs ne tarissent pas d’éloges à son égard.

 
« Lorsqu’un ami m’en a parlé, franchement, j’ai pris ça pour du fake*. Néanmoins, j’ai décidé de l’utiliser parce que, je l’avoue, j’ai parfois du mal à tenir le rythme avec mes copines (il en a trois). Je me souviens en avoir acheté avec une femme au marché. Lorsque, J’ai commencé à le mâcher, je ne l’ai pas trouvé gouteux. C’est amer ! Mais, en moins d’heure, j’ai commencé à sentir mon sexe se tendre et mon envie de faire l’amour se décupler. Heureusement pour moi, c’était un week-end et j’étais avec l’une de mes petites* », explique Pascal blé, jeune informaticien dans une entreprise de la place.

 
Le cure-dent Gouro, éponyme du peuple du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, est un remède ancestral, naturel et avec zéro effet secondaire. Les « réactions » suscitées par ce « viagra ivoirien » sont visibles en moins d’une heure et peuvent durer jusqu’à 24h.

 
À Gohitafla, localité située près de Zuénoula (centre-ouest), la longueur du cure-dent Gouro prescrit à un utilisateur est fonction de la longueur du sexe de celui-ci. « On mesure la longueur du sexe du monsieur avant de couper le cure-dent », informe Bernadette Kalou, native de la région.

 
Le succès de ce produit repose sur trois points essentiels. D’abord, il permet d’augmenter l’endurance et la performance sexuelle chez l’homme. Ensuite, il permet de retarder l’éjaculation. Ce qui conduit au troisième et dernier point qui est d’apporter la joie dans le couple.

 
En outre, le cure-dent Gouro est surtout conseillé aux personnes âgées qui, fatiguées par le poids de l’âge, souffrent très souvent de nombreux dysfonctionnements sexuels. Ainsi, plus ces personnes en consommeront, plus elles redeviendront performantes et retrouveront la virilité de leur jeunesse.
Par ailleurs, en plus de ses vertus aphrodisiaques, le cure-dent Gouro peut également servir de brosse à dent (comme c’est souvent le cas en Afrique). Sauf qu’avec lui, on gagne plus à boire le jus qu’à le cracher.

 


*Fake : Mensonge
*Petite : petite amie, copine
*Gouro : Ethnie de la Côte d’Ivoire dont le peuple est majoritairement installé dans le centre-ouest du pays.