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Pour la valorisation de la culture de chez nous !

Guimbi vivra !

 La dalle du ciné Guimbi

C’est en décembre 2015 que j’ai entendu parler du projet du Ciné Guimbi. En tant qu’amoureuse du 7ème Art, j’ai été fascinée par la générosité de ce projet. C’est donc tout naturellement que j’ai contacté les responsables pour en savoir un peu plus et faire un article.

Aujourd’hui, je décide d’en reparler pour faire l’état d’avancement du projet et surtout inciter les populations à faire parler leur cœur, car Guimbi a encore besoin de soutien.

 

Il faut sauver le ciné Guimbi

 

L’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) a lancé un projet de sauvetage et de réhabilitation du mythique Ciné Guimbi à Bobo-Dioulasso. L’objectif de cette association, à but non lucratif créée en 2013, est d’ouvrir un mini-plex composé de 2 salles, un café/restaurant, une salle polyvalente et des bureaux.

Bien plus qu’une salle de cinéma, il s’agit de créer un lieu de vie urbain populaire, intégré et accessible aux populations de Bobo. Un lieu d’échanges, de rencontres, de formation, d’éducation, qui pourra revêtir de multiples usages.

Ce projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » est important pour la ville de Bobo Dioulasso car elle est totalement dépourvue d’infrastructures culturelles de ce genre. Conçu par l’architecte Jean-Marc Lalo et construit avec des ressources, des artisans et des entrepreneurs locaux, le Ciné Guimbi sera un modèle écologique dans sa construction et dans son fonctionnement.

En plus d’une programmation cinématographique quotidienne, le Ciné Guimbi aura pour vocation d’être un lieu d’accueil, d’échange, de sensibilisation, de débat et d’action pour les populations.

 

Projet participatif

 

Le vendredi 15 janvier 2016, lorsque je publiais mon premier article sur le  Ciné Guimbi, les travaux n’étaient pas très avancés. Grâce aux différents dons et contributions, le cinéma se rapproche un peu plus de sa réouverture.

Les dons des uns et des autres a permis la réalisation des fondations, du sous-sol, du coulage de la dalle du rez-de-chaussée, des sols de la scène et du plancher de la petite salle. Il y a trois semaines la dalle du 1er étage de la petite salle a été coulée. Les travaux se poursuivent.

Le budget total du Ciné Guimbi s’élève à 2’200 000€ soit 1’444’000 000 FCFA. Il reste encore à trouver 800’000€ soit 525’000 000 FCFA ce qui correspond à 36% du budget total.

Le chantier de la petite salle du Ciné Guimbi qui a démarré le 20 juillet 2015 avance bien.Toutefois, même si les travaux de la petite salle, dont l’ouverture est prévue lors du Fespaco 2017, sont bien avancés, il reste encore pas mal de fonds à trouver. Les responsables du projet comptent sur l’aide et la participation de tous afin de réunir la somme totale et livrer l’ensemble du projet en 2017.

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Contacts et informations

 

 

Pour contribuer à la construction de ciné Guimbi, contactez l’ASCBF par téléphone au +226 78 80 69 35 ou par mail à contact@cineguimbi.org ou encore par courrier BP 415 Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Vous pourrez également suivre et voir l’évolution du projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » sur le site : www.cineguimbi.org.

Sur les réseaux sociaux, vous trouverez les informations de Guimbi sur :
Facebook : www.facebook.com/cine.guimbi ;
Twitter : @CineGuimbi  et  #CinéGuimbi;
Instagram : cineguimbi ;
LinkedIn : Ciné Guimbi
La newsletter juin 2016: http://eepurl.com/b4xs4f

Sur YouTube, vous pouvez également le nouveau spot du ciné Guimbi : https://youtu.be/uFNRK32_Dlk. https://youtu.be/X27nXdqCics et https://youtu.be/X27nXdqCics

« Il faut sauver le Ciné Guimbi » est un projet initié et porté par des amoureux de la culture, du cinéma et surtout de l’évolution culturelle de l’Afrique. J’insiste à nouveau sur le fait que le projet ne verra le jour que grâce à la participation de tout un chacun, aussi minime que soit-elle. N’hésitez pas et participez, car c’est grâce à vous que le « Ciné Guimbi » vivra.

 

 

Les bouwinans : maitresses des funérailles en pays Gouro

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Après environ 17 ans, je retourne à gohafla, le village de ma mère. J’étais encore une gamine lorsque j’y suis allée la première fois. Je comptais donc en profiter au maximum cette fois, même si c’était les funérailles de ma mamie qui m’y ramenaient. Mais, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Et cela, à cause des « bouwinans ».

 

Les bouwinans, entendez « les femmes de mon oncle », sont des femmes dont l’âge varie entre 18 et 50 ans, voire plus. On les retrouve uniquement chez les Gouros (peuple du centre-ouest de la Côte d’Ivoire). Leur mission : animer les obsèques. Une animation cependant bien différente de toutes celles que nous connaissons.

 

Tout commence à deux, parfois trois villages éloignés de celui où se déroulent les obsèques. Acrobaties, pleurs, danses sont au rendez-vous de la procession qui les mènent sur les lieux de la cérémonie. Dès leur arrivée sur le lieu des funérailles, c’est un véritable tohu-bohu auquel on assiste. Les cris, pleurs et chants s’intensifient, accompagnés de danses et roulades de tout genre dans tous les sens. À les voir, on a l’impression qu’elles sont plus affectées que les proches de la défunte.

 

Que nenni ! Tout ce cirque a un seul but : soutirer de l’argent aux invités. Tout simplement. En effet, quand elles font tout leur boucan et que personne ne réagit, elles tombent direct dans la provocation des proches du défunt et se dirigent vers les personnes présentes pour quémander quelques pièces. Certaines vont jusqu’à se mettre à genoux, danser, se trainer au sol ou même te tenir les pieds pour t’empêcher de bouger.

Tout ça pour 25, 50, 100 ou 500 francs, maximum. Vous direz peut-être que c’est peu, mais les bouwinans savent très bien ce qu’elles font. Elles sont une vingtaine et chacune te demande une pièce toutes les cinq minutes. Au moment où tu te rendras compte de la supercherie, tu seras déjà bien dépouillé. Et malheureusement, la petite Abidjanaise que je suis s’est faite « plumer » par ces spécialistes du « broutage funèbre ». Heureusement que j’avais laissé mon transport retour dans les mains de maman.

De plus, certaines bouwinans n’hésitent pas à se mettre nues pour inciter une personne à les couvrir avec un pagne (neuf). Quand elles se retrouvent à court d’idée pour avoir de l’argent, elles piquent le vêtement, les objets et vont même jusqu’à la maison de la famille éplorée pour la vider. Lorsque vous voudrez récupérer vos affaires, il faudra payer… cash.Une bouwinan ne fait rien gratuitement. Si elle t’offre quelque chose ou te rend un service, attends-toi à payer. Aussi, j’ai dû trimballer mon sac de voyage partout où j’allais.J’en ai encore mal à l’épaule d’ailleurs.

 

« C’est la tradition. En plus, ce sont elles qui animent les funérailles. S’il n’y a pas de bouwinans à tes funérailles, c’est raté », explique Makoula, une native du village de Gohafla dans le département de Gohitafla. Quand vient l’heure de l’enterrement, voyant leur « moment de gloire » tirer à sa fin, elles prennent le cercueil en otage. Ainsi, vous aurez à leur donner la somme qu’elles réclament avant de le récupérer.

 

J’ai quitté mon village avec le sourire aux lèvres en me ressassant la scène des bouwinans essayant de m’arracher mon téléphone. Elles s’étaient rendu compte que j’essayais de les photographier. Grand Dieu, comme j’ai couru.
Sacrées femmes ! J’espère ne pas les revoir de sitôt.