lagozi

Pour la valorisation de la culture de chez nous !

Appelez-moi Sonia Guiza : meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire 2016

Oui je le sais, le titre de l’article fait très « je me la joue ». Mais, il me fallait un titre qui en jette pour conclure cette année folle que j’ai vécu. 😝

Dans jour j-4, précisément le vendredi 15 septembre à 19h en tenant compte du retard des africains je dirais à 20h, je ne serai plus la meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire en titre.
Je ne serai plus la « reine » du blogging ivoirien. Je perdrai mon titre telle une miss.
Je devrais être triste il parait, mais bizarrement j’ai hâte ! J’ai hâte d’être à vendredi soir afin de permettre à une autre de vivre tout ce que j’ai vécu.

Vous vous demandez ce que j’ai vécu ? Eh ben prenez votre tabouret et asseyez-vous, je vous raconte mes aventures en tant que reine du blogging ivoirien 2016.

Avant je bossais mais après le prix j’ai dû bosser plus

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Ma vie depuis le titre

Etre meilleure blogueuse ce n’est pas dormir sur « ses lauriers » c’est bosser 10 fois plus. Il y a un an par exemple, je maîtrisais à peine l’histoire du cinéma ivoirien aujourd’hui je peux la conter à qui le veut.
Aujourd’hui, je lis et je me documente plus et mieux sur le cinéma en général. J’essaie vraiment de justifier ce prix.

En fait, je pense que depuis que j’ai remporté ce titre je dors beaucoup moins… Rires

Les invitations, les cadeaux… oui j’en reçois souvent

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La tête que j’avais lors de ma première invitation après le titre

Etant meilleure blogueuse, je suis invitée à presque tous les événements auxquels les blogueurs et journalistes prennent part.
J’ai parfois gracieusement été invitée à des événements hypers sélects et fermés. J’ai eu droit à des cadeaux et per diem après certains événements auxquels j’ai pris part. J’ai reçu des exclusivités  sur certaines choses.

Mais bon, je m’en suis vite lassée et j’ai commencé à décliner de plus en plus les invitations jusqu’à devenir un peu has been (je parle pour moi).
Ah, ouiiii…. j’ai eu la possibilité de demander ou de me faire habiller par des créateurs ou boutiques (ceux qui accordent du crédits aux blogueurs) quand j’assistais à certains événements grand public… J’ai encore la possibilité de le faire d’ailleurs.
Mais bon, après pour avoir tout ça on n’a pas nécessairement besoin d’être meilleure blogueuse, il suffit juste d’être un(e) blogueur(se) qui bosse bien !

Les voyages, j’ai pu en faire 

A bord du vol inaugural Abj-Lbv-Abj du A320 d’Air CI

Il y a un an, lorsque j’ai été élue meilleure blogueuse de Côte d’ivoire, je n’avais jamais pris l’avion. Je n’avais jamais vu d’autres pays que la Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui, j’ai déjà été dans cinq pays autres que la Côte d’Ivoire et cela grâce au blogging.
La chance, j’ai quelques voyages prévus avant la fin de l’année et cela grâce encore à cette activité. Je ne suis pas encore sûre de pouvoir me déplacer à cause de mon boulot mais bon… je les ai !

Les partenaires que je souhaitais, je les ai eu

Après avoir remporté le prix, j’ai fait une refonte de ma plateforme et j’ai cherché des partenaires.
J’ai eu chacun des partenaires que je souhaitais : Majestic ivoire, l’institut français, Wikipedia…
En fait avoir le prix m’a donné la force et une confiance de malade qui m’ont donné le courage d’ « enfoncer » n’importe quelle porte.
J’ai même pu positionner « mon petit lagozi » sur des événements et des festivals où je ne pensais jamais pouvoir être.

Des conférences, j’ai refusé d’en animer mais j’ai cédé sur une…

Photo de famille après le Café numérique sur le thème: « Devenir Blogueur »

Lol… Je me suis retrouvée à recevoir des invitations pour animer des conférences.
La seule chose que ça m’inspire toujours c’est : « l’homme n’est rien oh ! ».

De la consultance et de la publicité j’ai fini par en faire

Lorsque tu es meilleure blogueuse que tu le veuilles ou pas tu es suivie plus que jamais, ton nombre d’abonnés augmente. Ton nombre de lecteurs aussi. Chacune de tes publications provoques des réactions. Ainsi les marques n’hésitent pas à te solliciter.

Du jour au lendemain, je me retrouve à relayer sur mon profil une affiche et à être payé pour… C’est assez dingue !
Je me retrouve à être consultante sur des projets où je suis super bien rémunérée. Aussi pour arrondir mes fins de mois, je peux facilement si je le souhaite faire des piges pour des médias et sites web locaux et étrangers.

J’avoue que c’est beaucoup de boulot, beaucoup de tasses de café, énormément de rigueur, des  heures de sommeil en moins… Je me suis retrouvée à dormir parfois que 2 heures par nuit sinon pas du tout alors que j’avais boulot le lendemain. Bref aujourd’hui je suis insomniaque. #TeamAkpani😊

La rançon du succès 

Qu’on le veuille ou pas avec le titre on devient « une star » pour un petit cercle de personnes donc, les choses changent.

Exposition soudaine

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Ce que je me dis pour me calmer chaque fois qu’on me parle de Personnal Branding

Après le titre, je ne pouvais plus publier tout ce que je voulais sur mon mur, au risque de me faire taper dessus ou sermonner par cinq, six personnes en inbox. Je devais construire et faire attention à mon personnal branding.

Je devais donc du jour au lendemain faire attention à mon image et à ce que je publiais. Fhummmm, sur mon propre mur !
Mon Dieu, comme cette histoire de personnal Branding m’a étouffé par moment. Mais heureusement, j’ai su trouver une bonne alternative pour que tout le monde soit content !

Les gens pensent me connaitre

Ma tête quand j’apprends certaines infos sur ma vie que j’ignore moi-même

Quand je suis devenue meilleure blogueuse, certains de ceux qui me suivent sur la toile ont estimé me connaitre. Certains n’ont pas hésité à tirer des conclusions hâtives et à propager des rumeurs sur mon compte. Certaines intox qui me sont revenues aux oreilles m’ont fait mal mais j’ai su en faire fi. Aujurd’hui, je me considère comme un cabri mort. Time is money en plus !

Les gens estiment qu’ils doivent savoir

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Moi quand on me dit « On doit tout savoir de toi »

Parce qu’ils sont amis avec toi sur facebook beaucoup estiment qu’ils doivent avoir certaines informations sur ta vie.
Par exemple, connaître ta vie privée. J’ai été confrontée à des questions assez particulières par moment. Mais in fine je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas trop faire attention à tout ceci mais savoir garder les choses importantes pour moi. #IlyatropdesorciersaAbidjan

Aussi, quand je change de boulot, j’entends souvent la phrase « tu fais trop de mystère autour des entreprises qui t’emploient ». Ce que certains oublient, c’est que là où je bosse n’a aucun rapport avec la blogueuse, et je suis en droit de ne pas vouloir que ce soit su par tous. Ceux qui doivent le savoir le savent !

Etre meilleure blogueuse ou blogueuse n’oblige en rien à dévoiler sa vie sur les réseaux sociaux. La vie privée doit rester privée quand la vie de blogueuse doit être sur la toile. J’ai appris qu’on peut-être vraie, entière sans exposer toute son existence sur internet.
En tout cas, avec tout ce que j’ai vécu durant mon année en tant que meilleure blogueuse, je pense que je suis prête à passer mon titre.
Future meilleure blogueuse, ne te leurre pas en pensant que j’ai eu toutes ces choses seulement grâce au prix. Le prix va t’aider, c’est vrai, mais c’est ton boulot, ta tchatche, ta gnaque, ton professionnalisme, ta constance et ton envie de plus qui te feront avoir chacune des choses que tu voudras ou/et auras.

J’ai hâte d’être à vendredi pour te rencontrer meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire 2017.

Guimbi vivra !

 La dalle du ciné Guimbi

C’est en décembre 2015 que j’ai entendu parler du projet du Ciné Guimbi. En tant qu’amoureuse du 7ème Art, j’ai été fascinée par la générosité de ce projet. C’est donc tout naturellement que j’ai contacté les responsables pour en savoir un peu plus et faire un article.

Aujourd’hui, je décide d’en reparler pour faire l’état d’avancement du projet et surtout inciter les populations à faire parler leur cœur, car Guimbi a encore besoin de soutien.

 

Il faut sauver le ciné Guimbi

 

L’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) a lancé un projet de sauvetage et de réhabilitation du mythique Ciné Guimbi à Bobo-Dioulasso. L’objectif de cette association, à but non lucratif créée en 2013, est d’ouvrir un mini-plex composé de 2 salles, un café/restaurant, une salle polyvalente et des bureaux.

Bien plus qu’une salle de cinéma, il s’agit de créer un lieu de vie urbain populaire, intégré et accessible aux populations de Bobo. Un lieu d’échanges, de rencontres, de formation, d’éducation, qui pourra revêtir de multiples usages.

Ce projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » est important pour la ville de Bobo Dioulasso car elle est totalement dépourvue d’infrastructures culturelles de ce genre. Conçu par l’architecte Jean-Marc Lalo et construit avec des ressources, des artisans et des entrepreneurs locaux, le Ciné Guimbi sera un modèle écologique dans sa construction et dans son fonctionnement.

En plus d’une programmation cinématographique quotidienne, le Ciné Guimbi aura pour vocation d’être un lieu d’accueil, d’échange, de sensibilisation, de débat et d’action pour les populations.

 

Projet participatif

 

Le vendredi 15 janvier 2016, lorsque je publiais mon premier article sur le  Ciné Guimbi, les travaux n’étaient pas très avancés. Grâce aux différents dons et contributions, le cinéma se rapproche un peu plus de sa réouverture.

Les dons des uns et des autres a permis la réalisation des fondations, du sous-sol, du coulage de la dalle du rez-de-chaussée, des sols de la scène et du plancher de la petite salle. Il y a trois semaines la dalle du 1er étage de la petite salle a été coulée. Les travaux se poursuivent.

Le budget total du Ciné Guimbi s’élève à 2’200 000€ soit 1’444’000 000 FCFA. Il reste encore à trouver 800’000€ soit 525’000 000 FCFA ce qui correspond à 36% du budget total.

Le chantier de la petite salle du Ciné Guimbi qui a démarré le 20 juillet 2015 avance bien.Toutefois, même si les travaux de la petite salle, dont l’ouverture est prévue lors du Fespaco 2017, sont bien avancés, il reste encore pas mal de fonds à trouver. Les responsables du projet comptent sur l’aide et la participation de tous afin de réunir la somme totale et livrer l’ensemble du projet en 2017.

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Contacts et informations

 

 

Pour contribuer à la construction de ciné Guimbi, contactez l’ASCBF par téléphone au +226 78 80 69 35 ou par mail à contact@cineguimbi.org ou encore par courrier BP 415 Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Vous pourrez également suivre et voir l’évolution du projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » sur le site : www.cineguimbi.org.

Sur les réseaux sociaux, vous trouverez les informations de Guimbi sur :
Facebook : www.facebook.com/cine.guimbi ;
Twitter : @CineGuimbi  et  #CinéGuimbi;
Instagram : cineguimbi ;
LinkedIn : Ciné Guimbi
La newsletter juin 2016: http://eepurl.com/b4xs4f

Sur YouTube, vous pouvez également le nouveau spot du ciné Guimbi : https://youtu.be/uFNRK32_Dlk. https://youtu.be/X27nXdqCics et https://youtu.be/X27nXdqCics

« Il faut sauver le Ciné Guimbi » est un projet initié et porté par des amoureux de la culture, du cinéma et surtout de l’évolution culturelle de l’Afrique. J’insiste à nouveau sur le fait que le projet ne verra le jour que grâce à la participation de tout un chacun, aussi minime que soit-elle. N’hésitez pas et participez, car c’est grâce à vous que le « Ciné Guimbi » vivra.

 

 

Les bouwinans : maitresses des funérailles en pays Gouro

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Après environ 17 ans, je retourne à gohafla, le village de ma mère. J’étais encore une gamine lorsque j’y suis allée la première fois. Je comptais donc en profiter au maximum cette fois, même si c’était les funérailles de ma mamie qui m’y ramenaient. Mais, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Et cela, à cause des « bouwinans ».

 

Les bouwinans, entendez « les femmes de mon oncle », sont des femmes dont l’âge varie entre 18 et 50 ans, voire plus. On les retrouve uniquement chez les Gouros (peuple du centre-ouest de la Côte d’Ivoire). Leur mission : animer les obsèques. Une animation cependant bien différente de toutes celles que nous connaissons.

 

Tout commence à deux, parfois trois villages éloignés de celui où se déroulent les obsèques. Acrobaties, pleurs, danses sont au rendez-vous de la procession qui les mènent sur les lieux de la cérémonie. Dès leur arrivée sur le lieu des funérailles, c’est un véritable tohu-bohu auquel on assiste. Les cris, pleurs et chants s’intensifient, accompagnés de danses et roulades de tout genre dans tous les sens. À les voir, on a l’impression qu’elles sont plus affectées que les proches de la défunte.

 

Que nenni ! Tout ce cirque a un seul but : soutirer de l’argent aux invités. Tout simplement. En effet, quand elles font tout leur boucan et que personne ne réagit, elles tombent direct dans la provocation des proches du défunt et se dirigent vers les personnes présentes pour quémander quelques pièces. Certaines vont jusqu’à se mettre à genoux, danser, se trainer au sol ou même te tenir les pieds pour t’empêcher de bouger.

Tout ça pour 25, 50, 100 ou 500 francs, maximum. Vous direz peut-être que c’est peu, mais les bouwinans savent très bien ce qu’elles font. Elles sont une vingtaine et chacune te demande une pièce toutes les cinq minutes. Au moment où tu te rendras compte de la supercherie, tu seras déjà bien dépouillé. Et malheureusement, la petite Abidjanaise que je suis s’est faite « plumer » par ces spécialistes du « broutage funèbre ». Heureusement que j’avais laissé mon transport retour dans les mains de maman.

De plus, certaines bouwinans n’hésitent pas à se mettre nues pour inciter une personne à les couvrir avec un pagne (neuf). Quand elles se retrouvent à court d’idée pour avoir de l’argent, elles piquent le vêtement, les objets et vont même jusqu’à la maison de la famille éplorée pour la vider. Lorsque vous voudrez récupérer vos affaires, il faudra payer… cash.Une bouwinan ne fait rien gratuitement. Si elle t’offre quelque chose ou te rend un service, attends-toi à payer. Aussi, j’ai dû trimballer mon sac de voyage partout où j’allais.J’en ai encore mal à l’épaule d’ailleurs.

 

« C’est la tradition. En plus, ce sont elles qui animent les funérailles. S’il n’y a pas de bouwinans à tes funérailles, c’est raté », explique Makoula, une native du village de Gohafla dans le département de Gohitafla. Quand vient l’heure de l’enterrement, voyant leur « moment de gloire » tirer à sa fin, elles prennent le cercueil en otage. Ainsi, vous aurez à leur donner la somme qu’elles réclament avant de le récupérer.

 

J’ai quitté mon village avec le sourire aux lèvres en me ressassant la scène des bouwinans essayant de m’arracher mon téléphone. Elles s’étaient rendu compte que j’essayais de les photographier. Grand Dieu, comme j’ai couru.
Sacrées femmes ! J’espère ne pas les revoir de sitôt.