Bolikro : un campement culinaire à « Vegas » !

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J’ai été à Yamoussoukro lorsque j’étais adolescente. J’ai visité les lieux « mythiques » de la capitale politique de la Côte d’ivoire : la basilique, le lac aux caïmans… Bref, j’ai fait ce que ferait tout bon touriste dans cette ville qui m’a semblé presque morte.

 

Mais, ça, c’est parce que j’y allais avec les parents. J’y suis retournée il y a quelques semaines avec une amie. Et là, j’ai découvert pourquoi le surnom de cette ville est « Vegas ». Reposante certes, mais lumineuse, avec ses mille et un hôtels et restaurants pour la plupart étoilé. J’ai redécouvert Yakro.

 

Entre vin fait maison, pizza croustillante et choukouya*, un endroit m’a particulièrement marqué à Vegas : Bolikro. Situé à proximité d’un lac, au carrefour des quartiers N’zuessi et Assabou, Bolikro est un espace plein air qui a la particularité de recréer l’esprit du village et des champs.

 

Loin des établissements haut-standing, avec menus à base de plats imprononçables, le met principal de cet espace est le cabri. D’où l’appellation Bolikro (le village du cabri en Baoulé).
À Bolikro, on se sent comme au village. Palmiers, arbustes, arbres, feuillages, préparation au feu de bois sur des foyers traditionnels, bancs, kpatas (apatams avec toits en pailles), chaises en bambou, chaises en bois assemblés avec du rotin, le taliet (récipient en terre cuite) comme couvert. Bref, un véritable campement en pleine ville des lumières.
« Bolikro est avant tout un concept… Et jamais, je ne changerai cette vision. Nous avons des clients venant d’Abidjan qui me disent : ‘mais pourquoi ne pas ouvrir la nuit ?’. Je leur réponds tout simplement : ‘va-t-on au champ la nuit ?’. Non, l’esprit Bolikro ne changera pas », déclare Wolfgang Bogou dit Wolf, propriétaire de cet endroit créé en 2008.
À Bolikro, les mouches et autres insectes des champs sont bien au rendez-vous. Les protocoles des restaurants chics n’y ont pas de place. Et pourtant Bolikro possède un charme incomparable, qui séduit à coup sûr.
« Les mets ici sont réalisés comme au village. Aussi, bien que la ville (Yamoussoukro) soit particulièrement chère, Bolikro est le seul espace où locaux et étrangers peuvent s’offrirent un plat », affirme Ben Adjé, un habitué du coin.
En effet, les prix à Bolikro restent accessibles pour une ville où les touristes ne manquent pas. Avec au moins 2100 francs CFA, tu peux avoir soit un rôti (braisé) ou une soupe avec l’accompagnement (attiéké). Cependant, le mets que je vous conseille est le sauté qui, lui, est à 3000 francs, mais qui en vaut le coût et le coup.
Pour celui ou celle qui n’aime pas le cabri, Wolf a pensé à tout. L’établissement propose aussi le « poulet africain » en rôti, en sauté (kédjénou) et en soupe. Vous pourrez arroser tout ceci avec des boissons rafraîchissantes.
Si vous passez un jour par Yamoussoukro, n’hésitez pas à faire un tour à Bolikro. C’est ouvert presque tous les jours de 10h à 17h30.