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Abidjan perle de Lumières bien plus que des illuminations

A Abidjan pour les fêtes de fin d’année, on a des évènements ponctuels qui sont devenus en moins d’une décennie des traditions auxquelles il est hors de question de sacrifier.
Des concerts de fin d’années, en passant par Abidjan by night, sans oublier le diner en blanc ou les concepts « spéciaux fêtes » créés par les bars et les restaurants abidjanais tout est mis en place pour que personne n’ai d’excuse pour ne pas profiter des fêtes.

 

Cependant le plus grand de tous les évènements de fin d’année, celui qui réunit le plus de monde et le plus accessible (gratuit) reste incontestablement Abidjan Perles des Lumières.

 

 

C’est quoi Abidjan Perles de lumières ?


Abidjan Perles de Lumières (APL) est un évènement non gouvernemental annuel qui a pour but d’enjoliver la ville d’Abidjan avec des éclairages multiples et multicolores et la décoration des artères et places fortes de la capitale économique. Ce festival a lieu depuis 2011 grâce à Apothéoz.

 

Cette année ce sont 5 kilomètres de décor et de structures imposants et de couleurs variées ; Ce sont 59 points de décors et 9 places qui seront utilisés pour embellir Abidjan. Sans oublier le sapin animé d’APL qui fait 30 m et qui a été classé parmi les 10 plus beaux sapins au monde par la deutshe welle (DW), Reuters et Middle East News.

 

En plus de toutes ces installations, il y’a l’ile enchanté, « le paradis des enfants » sur cette « ile » les enfants retrouvent des jeux de tous sortes et des animations pour leur bonheur.

 

 

Festival de bonne humeur et d’ambiance

 

Au-delà des installations et de l’ile enchantée, il y’à l’incroyable 30UN où 4000 personnes sont réunies au palais de la culture de treichvillle de 16h (31 décembre) jusqu’au nouvel an (le lendemain) pour faire la fête. Nourriture, musique et bonne ambiance tout est réunie pour permettre aux festivaliers de patienter jusqu’à l’apothéose : Les feux d’artifices qui marquent les premiers instants de la nouvelle année.

 

 

Une bande sonore pour accompagner le spectacle

 

 

Le saviez-vous, une bande sonore avec du texte (un conte) passe pendant les feux d’artifices entre le 31 décembre et le 1er janvier? Non ? Eh bien, moi aussi et cela comme pas mal d’abidjanais. Je l’ai découvert depuis peu grâce à la vidéo du feu d’artifice de l’année (2015-2016) disponible sur youtube

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Curieuse, d’en savoir un peu plus, je rentre en contact avec les responsables d’Apothéoz, l’entreprise s’occupant du projet APL.

 

« Cela fait maintenant 5ans que nous tirons des feux d’artifice sur la lagune Ebrié. Nous sommes donc soucieux de nous développer, mais aussi de rivaliser avec les meilleures métropoles. Il s’agit donc d’offrir des émotions toujours renouvelées aux ivoiriens.

 

L’expérience a été une réussite pour la célébration des 55 ans de la CI en 2015. C’est aussi un moyen pour les abidjanais de mieux cerner et comprendre le thème de cette année, qui est une ouverture culturelle aux jeux de la Francophonie. » Explique m. Idriss Dao, Responsable Marketing Communication.

 

M. Dao précise qu’ajouter une bande sonore au spectacle des feux d’artifice est juste une opportunité de faire naitre une création unique, intense, puissante et lumineuse orchestrée autour d’un scénario simple et efficace en adéquation avec la thématique : « La féérie universelle !».

 

Curieuse moi-même d’assister en live et écouter la bande sonore de cette année. J’ai cherché à savoir d’où est-ce qu’on peut entendre l’histoire et quand ?
A cette question il m’a été répondu que : « Nous négocions actuellement avec nos partenaires radios pour la diffusion de cette bande sonore. Cependant il est possible d’entendre la bande musicale en accédant au Palais de la Culture, et à l’incroyable 30UN. Mais pour ceux qui n’ont pas de tickets ce n’est pas grave, APOTEOZ a créé la zone verte, un espace allant de la gare Sud Sotra, à la montée du Pont De Gaulle. »

 

Je ne suis pas fana des bains de foule mais mon amour des contes, de belles histoires, des beaux textes, de féerie et de magie est plus fort.
Alors je pense que J’y serai surement, j’ai envie de voir tout ça de plus près et surtout j’ai envie de passer un incroyable 31.

MondoTana2016 : mon périple d’Abidjan à Antananarivo

antananarivo
Ça y est, je suis à Madagascar. Depuis le temps que j’attends ce moment…. Même si ça n’a pas été simple du tout. Comme on dit à Babi, prenez votre tabouret et asseyez-vous. Je vous raconte tout.

 

Avant le voyage

 

En bonne procrastinatrice, je reporte le rangement de ma valise à la veille de mon départ. Ce jour-là, je me réveille à 7h (GMT), pour être sûre de finir à temps.

10 heures. Toujours pas de valise faite. Je décide, sur un coup de tête, d’aller faire les dernières courses du voyage. Je me rends alors au marché pour acheter des choses que j’aurais pu avoir chez le boutiquier de mon quartier.

La valise sera finalement être prête à 23h. Evidemment, je l’ai réouverte le matin du voyage pour ajouter deux escarpins et une robe. Plus de vêtements donc. Du coup, la valise a du mal à se refermer. Pas grave, je dois y aller. Le vol est dans 4 heures et je dois être à l’aéroport dans une heure. Une fois là-bas, tout se fait tranquille jusqu’à l’embarquement.

 

Abidjan–Nairobi

 

 

 

6h30 de vol. Ecrit sur un billet, ça à l’air fun, jusqu’à ce que tu te fasses entourer de deux « papys » et d’une tablette d’avion qui n’existe pas. Heureusement pour moi, il y a Warso, mon voisin de derrière, qui a bien voulu me prêter ses écouteurs pour voir un film sur mon ordinateur.

Quand on arrive à Nairobi, mon dos crie « Alléluia ». Avec Warso, on discute mieux, vu qu’il y fait aussi escale. J’apprends qu’il est Somalie, un peuple nomade qu’on retrouve en Somalie et au Soudan. Il me raconte sa vie, son histoire. On papote beaucoup. Les 5 heures d’escale passent très, très vite.

 

 

 

Nairobi-Antananarivo

 

 

C’est un peu mieux dans l’avion. Je suis près du hublot. Malheureusement, mes voisins sont certes plus jeunes que les précédents, mais ils papotent entre eux. La tablette me propose des programmes que j’ai déjà vus. La musique ne vaut pas mieux….

Je finis par discuter avec ma voisine française qui se rend elle aussi à Madagascar pour le sommet de la Francophonie. Dès qu’on atterrit, je m’empresse de descendre de l’avion. Mon dos rechante « Alléluia »… et, cette fois, mes fesses répondent « Amen » tellement elles me font mal.

 

Bienvenue à Madgascar

 

 

Je suis à Madagascar. J’ai droit à un visa de courtoisie grâce à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). A l’aéroport, je croise 3 mondoblogueurs qui ont tout aussi mal aux fesses que moi. Comme si on n’était pas assez épuisés avec nos vols respectives, les embouteillages nous font perdre plus de 3 heures en partant à l’hôtel. L’équivalent du trajet du Nairobi-Antananarivo. J’arrive à l’hôtel assommée mais heureuse de rencontrer les autres participants au camp de formation de Mondoblog.

Les telenovelas, la deuxième religion au Brésil

 

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Après le football, c’est aux telenovelas que les brésiliens vouent un culte indéfectible. La terre du roi Pélé, est l’un des grand producteur de telenovelas pour ne pas dire le plus grand.

 

Promues sous la dictature (1964-1985) dans l’optique de souder le pays, les « telenovelas » évoluent depuis leur soixante-deux ans d’existence.
Suivies de l’ensemble de la population, elles peignent une société en plein bouleversement. Ainsi trois fonctions sociales nous apparaissent comme particulièrement éclairantes : la fonction pédagogique, la fonction mémorielle et la fonction de consolidation identitaire.
La première s’adosse d’une part à l’appropriation d’un patrimoine culturel littéraire donnant lieu à nombreuses adaptations télévisuelles, d’autre part au merchandising social des telenovelas.
La deuxième fonction sociale, se manifeste notamment au travers de reconstitutions historiques et de l’insertion du réel au sein des telenovelas (par le biais d’images d’archives, de personnalités politiques, ou de faits de société) pour évoquer ou discuter de problématiques sociopolitiques brésiliennes contemporaines.
La troisième fonction sociale s’étaye sur l’imaginaire relatif à l’identité collective brésilienne, ses stéréotypes et ses problématiques raciales.

 

Elle est plus problématique car, au miroir des telenovelas la société brésilienne est majoritairement blanche. Si la visibilité des Indiens dans les telenovelas relève du pur stéréotype, celle des Noirs est plus complexe et a fait toujours débat dans la société brésilienne.

 

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Les noirs ont toujours tenu des rôles secondaires dans les telenovelas, jusqu’en 2004 où le premier rôle d’une telenovela est incarné par un Noir,ou plutôt une actrice noire, Tais Araujo dans A cor do pecado. Cependant ,cela n’a pas vrai changé grand-chose vue que dans toutes les telenovelas diffusées les acteurs noirs restent prisonniers de leur identité ethnique. Pour montrer l’importance des telenovelas dans le quotidien des brésiliens, il faut remonter au vendredi 19 octobre 2012, jour et heure du meeting de soutien du parti travailleurs par la présidente Dilma Rousseff. Pile au même moment où avait lieu le dernier épisode de la telenovela « avenida Brasil ».

 

Ce soir-là, des millions de Brésiliens assisteraient à l’affrontement final entre les deux héroïnes, Nina et Carminha, afin de savoir qui a tué Max. il était donc clair pour l’équipe de campagne de M. Fernando Haddad, qu’« il n’y aura personne ! ».

Convaincue, la présidente a repoussé le rassemblement au lendemain. Une chose est claire, seul les telenovelas arrivent à réunir et fédérer tout le brésil autant que le football.

Jagger, mon vendeur de « pain chien »

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Mercredi dernier j’étais à Cocody pour mes cours d’Anglais et j’avais une folle envie de « pain-chien » : sandwich de brochette que l’on trouve à presque tous les grands carrefours à Abidjan. Une nourriture qui doit son nom au prix bas de la viande et à la provenance douteuse de celle-ci… Mais, bref, j’en avais envie et il n’y a qu’un seul qui, selon moi, a la maîtrise de ce mets à Cocody : Jagger.

 

Tout le monde connait Jagger à Cocody. Enfin, tous les habitants de la Cité des arts et les étudiants des écoles environnantes le connaissent.
Jagger est malien, il vit en Côte d’Ivoire juste pour son commerce. Je l’ai rencontré il y a quatre ans lorsque je commençais mes cours de journalisme.

 

Avec mes copines, on allait manger dans son commerce très souvent. Surtout les fins de semaine parce que notre budget était généralement « léger » en cette période.
Avec moins de 500 Francs CFA, nous étions sûres d’être rassasiées et de régaler nos papilles. Parce que, oui, c’est peut-être du chien (on en sait rien), mais c’est bon.

Mes copines et moi apprécions également Jagger parce qu’on ne s’ennuie jamais avec lui. Il nous parle de sa vie au Mali, de ses deux femmes, de ses enfants, de ses réalisations et surtout du fait qu’il ne viendrait jamais avec l’une de ses épouses à Abidjan.
« Femme d’Abidjan est trop jolie. Je les gère, mais j’ai mes femmes au pays. Je n’ai pas l’argent pour marier femme d’Abidjan », aimait-il nous dire !
Avec Jagger, ce n’était pas que notre ventre qui était rempli entre midi et deux. Notre esprit l’était aussi, car il nous gave toujours de ses histoires et de sa bonne humeur.
Jagger a une joie contagieuse.
Retour chez Jagger
Voilà près d’un an que je n’ai pas vu Jagger. J’imaginais déjà le nombre de brochettes gratuites que j’allais lui exiger pour marquer mon retour après tout ce temps. Et, en bonne affairée, j’imaginais aussi la quantité d’histoire qu’il aurait à me raconter.
Ce mercredi donc, étant dans sa zone, je me rapprochais de la place de Jagger. Je savais déjà ce que je voulais : pain 75 Francs, brochettes 250 Francs, un œuf, de la mayonnaise, beaucoup de piment et un peu de kankankan*. Pour arrondir tout ça à 500 Francs, il me donnerait une brochette de 50 Francs à 25 Francs. Tout était déjà calé dans mon esprit.

 

J’ai très vite déchanté quand je suis arrivée devant la table de Jagger : il n’y était pas. J’ai regardé ma montre. Il était 15h20. Trop tôt pour qu’il soit absent.

Quand je pense à la distance que j’ai parcourue pour rien, ça fait mal. J’ai dû me contenter de « chips-alloco ». Un petit miracle en cette période de pénurie de banane.


Néanmoins, ce n’est que partie remise, j’ai cours d’Anglais demain. Et cette fois, je mangerai mon pain-chien.