La télé ivoirienne prise en otage par Bollywood

 

Il est 22h00 et plus aucun chat dans les rues de « lièvre rouge », un quartier de Yopougon. Surnommée Yop City, Yopougon est l’une des 13 communes du district d’Abidjan. Et cette commune qui ne dort jamais.

C’est l’heure du destin de « Zoya », feuilleton indien diffusé du lundi au vendredi. Ce feuilleton de 26 minutes, diffusé depuis bientôt un an sur RTI2, la chaîne publique ivoirienne. C’est un programme qui saoulent un grand nombre de gens (moi y compris), mais personne ne le rate (moi y compris quand j’ai du temps), encore moins les femmes de ménage et les mamans.

De Saloni au destin des Zoya, les Indiens accaparent toujours autant la télévision

Je me demande bien pourquoi les programmes bollywoodiens sont tellement omniprésents sur les antennes de la télé nationale. En tout cas, ce n’est surement pas pour la superbe  qualité des productions « Made in India ».

Je suis arrivée à la conclusion, que ces productions doivent- être plus accessibles, par rapport à leur coût d’acquisition. En plus, les contenus de Bollywood sont vraiment conséquents, ils sont longs, de quoi meubler pendant une bonne période une grille de programme. Surtout, quand on manque d’inspiration. Quand le destin de Zoya débutait sur RTI2, c’était sur les cendres de Salonie, une autre star produite par l’industrie de Bombay.

Salonie, qu’on l’aime ou qu’on la déteste : tout le monde (la majorité des ménages, même certains papas) y était accro. Pour être sûr de suivre cette fiction à 22h, certains fans s’efforçaient à faire une sieste en journée. Le plus drôle c’est que, malgré le succès de ce feuilleton, aucune des personnes qui la suivaient n’était capable de donner le vrai nom des acteurs du film.

Malgré la longueur du programme, deux ans sinon plus, les actions répétitives du film, Salonie séduisait et énervait chaque soir de plus en plus de monde. Salonie, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, on la regardait tous pour voir quand est-ce que ça finirait ou ce qu’elle ferait demain.

Le plus drôle c’est que Zoya le nouveau feuilleton provoque les mêmes réactions. Et même si le caractère de l’actrice *gâte cœur* souvent, Zoya, tout comme Salonie, touche à tous les coups (négativement ou positivement).

Les Ivoiriens hypnotisés par Bollywood

C’est dingue, on critique tous les feuilletons indiens à causes de leur longueur sur notre antenne, mais ces feuilletons sont quand même suivis. Même si le destin de Zoya est remplacé par un autre produit de 10 ans made in Bollywood, on critiquera, mais on regardera quand même. C’est grave, mais le constat est là tant qu’il y’aura un film indien diffusé, on ne dormira pas Abidjan avant au moins 22h 30.

*Gâte cœur*: Énerver , Embêter

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